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Compte Rendu du Dialogue Avec les Groupes D'acteurs

GREFCO
Janvier 2001


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  Introduction
  Contribution des Movements et Associations de Jeunes
  Contribution des ONG
  Contribution des Femmes
  Contribution des Industriels et Artisans
  Contribution des Organisations Paysannes
  Contribution des Syndicats et Mouvements de Defense des Droits Humains et des Consommateurs
  Contribution des DEP des Departements Ministeriels

Introduction

Le dialogue au niveau des différents groupes d’acteurs en tant que forme de consultation participative est une étape cruciale dans le processus d’élaboration des lignes directrices d’une stratégie nationale de développement durable (SNDD). En rappel, il est à rappeler que le dialogue visait en premier lieu à approfondir l’état des lieux des cadres de planification au Burkina Faso et ensuite dégager des pistes de réflexion pour l’élaboration des lignes directrices d’une SNDD.

L’orientation, le choix des acteurs à impliquer dans le dialogue et le calendrier du déroulement ont été successivement examinés et approuvés  par le comité de pilotage de la SNDD avant le lancement effectif intervenu dès le début du mois d’octobre 2000.  Ainsi, plusieurs groupes d’acteurs ont été retenus par le comité de pilotage à savoir les mouvements et associations de jeunes, les ONG, les associations et collectifs de femmes, les industriels et les artisans, les organisations paysannes, les syndicats et mouvements de défense des droits humains et des consommateurs, les DEP des départements ministériels. De façon précise, le profil des organisations et/ou institutions représentées au niveau de chaque groupe peut être décrit comme suit :

  • mouvements et associations de jeunes : JEC
  • ONG : COPOD, BLONGA, SPONG
  • associations et collectifs de femmes : RECIF/ONG , COAFEB, Collectif DAFRA, Collectif Femmes et Développement du Houet
  • industriels et les artisans  GPI et Conseil patronal ( CAAB, APAC):
  • organisations paysannes :  le Conseil National des Professionnels Agricoles du Burkina
  • (CNPA-B), la Fédération Nationale des Organisations Paysannes (FENOP), l’Union Nationale des Producteurs de Coton du Burkina (UNPC-B) et l’Union Nationale des Jeunes Producteurs Agricoles du Burkina (UNJPA-B).
  • syndicats et mouvements de défense des droits humains et des consommateurs  (CGTB et CNTB, LCB, MBDHP):
  • DEP des départements ministériels : Environnement et Eau (MEE), Enseignements Secondaire, Supérieur et de la Recherche Scientifique (MESSRS), Promotion de la Femme (MPF), Économie et Finances (MEF), Ressources Animales (MRA), Enseignement de Base et l’Alphabétisation (MEBA), Administration Territoriale et Sécurité (MATS), Agriculture (MA).

Au titre des activités menées, il y a la tenue d’ateliers d’information à l’intention de chaque groupe d’acteurs afin de situer  les objectifs et les attentes du dialogue, ensuite l’organisation de concertation interne au niveau des organisations et/ou institutions composant chaque groupe d’acteurs. Les ateliers de mise en commun qui s’en sont suivis ont été l’occasion pour chaque groupe d’acteurs d’élaborer sa contribution au dialogue.

Le présent document consiste en une présentation des résultats de la concertation avec chacun des groupes d’acteurs.

Au cours du dialogue, quelques études de cas illustrant les appréciations portées dans le présent document ont été élaborées. Elles constituent un complément au présent rapport.


Contribution des Mouvements et Associations de Jeunes

Les résultats du recensement de 1996 révèlent que les jeunes représentent 49 % de la population totale du Burkina Faso. Ils constituent par ce fait, le deuxième groupe d’acteurs numériquement important après les femmes.

Par ailleurs, selon les informations recueillies auprès du ministère de la jeunesse et des sports, il existe au Burkina Faso plus de 400 associations et mouvements de jeunes qui visent entre autres objectifs, le développement économique et social.

C’est dire donc qu’aucune action de développement véritable ne peut se faire et aboutir efficacement sans une participation et une implication effective de ce groupe.

Et pourtant la revue des expériences d’implication des associations et mouvements de jeunes dans les cadres et processus de planification témoigne que ce groupe d’acteurs est beaucoup ignoré et n’est pas pris en compte lors des processus ; un exercice d’analyse plus approfondie permettra de mieux comprendre la problématique.

Modalities de preparation des Cadres de Planification

Description de l’expérience

Les différents cadres et processus "connus" par le groupe des jeunes sont ceux qui traitent des questions touchant leurs préoccupations ou tout simplement ceux dont ils ont entendu parler ; parmi ceux-ci, on peut citer :

  • Le cadre stratégique de lutte contre la pauvreté parce qu’il permet de résoudre le problème du chômage des jeunes qui est de plus en plus lancinant.
  • Le Programme d’action National de lutte contre la désertification

 La lutte contre la désertification se veut une œuvre commune. Elle doit commencer par les jeunes, qui en plus de leur importance numérique, constituent les bras valides du pays. Les jeunes peuvent donc jouer le rôle d’alerte de l’opinion publique et inciter en permanence par le dialogue et l’action, les autres jeunes à respecter l’environnement.

  • Le plan d’action pour la promotion de la femme ; ce cadre
    • permet à la petite fille de s’épanouir ;
    • résoud le problème de disparité entre hommes et femmes ;
    • facilite la lutte contre les violences faites aux filles et aux femmes.
  • Le Rapport National pour l’habitat permet de résoudre le problème d’habitation par la construction de logements ;
  • Le Programme de lutte contre le Sida  parce que la jeunesse est la tranche d’âge la plus vulnérable à cette maladie.

D’autres cadres par contre touchent directement aux activités de développement menées par les jeunes sur le terrain ; ces derniers concernent :

  • la décentralisation ;
  • le Plan d’action National pour l’Environnement (PANE) ;
  • le PNOCSUR.

Les modalités de préparation des cadres de planification ont surtout été influencées par le contexte politique national et l’environnement international. Ces cadres sont accaparés par un groupuscule de responsables de l’administration centrale qui déterminent les orientations générales et les objectifs globaux du plan en se fondant sur l’analyse de la situation économique et sociale du pays et décident des acteurs à impliquer.

Dans ce contexte, les seuls mandataires conviés à participer à ces processus sont seulement le ministère chargé du plan, les commissions sectorielles et le parlement, acteurs souvent inexpérimentés sur les questions à examiner.

Cette démarche simpliste et assez technocratique n’a pas favorisé une participation effective de la société civile, moins encore, celle des jeunes, groupe qui, socio-culturellement, n’a pas le droit d’exprimer son point de vue dans les grandes décisions de la société.

Les seules occasions saisies par les jeunes pour exprimer leurs points de vue sur les questions de développement du pays se situent sous la période de la révolution de 1983 qui à travers le Discours d’Orientation Politique (DOP) du 2 octobre avait inscrit les préoccupations des jeunes comme un des secteurs le plus important devant être touché par les transformations révolutionnaires.

Cette optique des autorités politiques de l’époque représente un changement fondamental d’attitude et de considération de la jeunesse. Les jeunes venaient de recouvrer leur dignité et leur place en tant qu’acteurs de développement du pays.

Plusieurs organisations de jeunesse, notamment paysannes se mirent en place pour impulser la production nationale ; elles sont désormais consultées sur les grandes questions touchant l’avenir du pays. Ces nouvelles orientations vont se traduire par l’élaboration à partir de 1986 de plans quinquennaux comportant des objectifs quantifiés et des stratégies pour atteindre ces objectifs.

Après le changement du pouvoir en 1987, il y eut un relâchement dans la politique nationale en faveur des jeunes. L’euphorie des jeunes est tombée en désuétude ; ils redeviennent des "laissés pour compte".

Cette marginalisation est d’autant aggravée par l’absence d’une capitalisation des expériences écoulées qui ne favorisent pas une documentation convenable.

Les raisons de cette faible implication du groupe des jeunes dans les processus et cadres sont diverses et sont liées à plusieurs facteurs engageant notamment la structuration propre des associations et mouvements de jeunes, les responsabilités de l’Etat et des bailleurs de fonds.

Les causes de la faible implication des jeunes dans les cadres de planification

Raisons liées à la structuration propre du groupe des jeunes

  • Le faible niveau organisationnel du groupe

Il existe au Burkina une multitude d’associations et de mouvements de jeunes ; mais il n’existe pas véritablement une organisation faîtière de ces différents mouvements et associations qui puissent être leur répondant dans les processus et cadres de planification.

  • La faible capacité des mandataires désignés par le groupe des jeunes à apporter une contribution de qualité

Les débats menés au cours des processus sont souvent techniques et hors de portée des représentants désignés pour participer. Ils ne maîtrisent ni les rouages, ni les enjeux des différentes problématiques qui sont soulevées à telle enseigne que l’implication des jeunes se limite dans certains cas à une figuration physique.

  • Le faible intérêt que le groupe des jeunes accorde au suivi des processus

N’étant pas impliqués dans les processus de façon globale, les jeunes ne disposent d’aucune information significative leur permettant d’assurer le suivi des processus ; c’est ce qui explique leur indifférence dans le suivi des processus.

  • La qualité de certains représentants du groupe

Il s’est développé au sein des institutions une pratique courante qui veuille que systématiquement ce soit le responsable qui soit d’office désigné lorsqu’il s’agit d’une représentation du groupe ; et pourtant il n’est pas souvent la personne dont le profil permet de participer aux différents processus.

Le résultat qui en découle est que la qualité de la participation du représentant demeure faible.

Les raisons liées aux bailleurs de fonds

  • L’imposition d’un agenda fondé sur les échéances externes

L’initiative de certains processus émane des accords extérieurs signés ou ratifiés par l’Etat. En conséquence leur mise en œuvre doit s’inscrire dans un calendrier global défini au préalable par l’extérieur. Ces délais souvent très courts ne favorisent pas une information et une sensibilisation suffisante pour préparer les différents groupes sur ces cadres et processus.

  • L’imposition de cadres expatriés qui ignorent les politiques locales

Certains cadres de planification sont imposés par le contexte international et ne correspondent pas la plupart du temps à la résolution des préoccupations des populations locales. Leur mise en place est accompagnée de la mise à disposition de cadres expatriés qui ignorent le contexte politique et socio-culturel local.

Comment donc réussir à impliquer les populations locales dans un tel cadre qui occulte les réalités du milieu ? Mieux encore, les cadres locaux associés qui pouvaient aider dans la sensibilisation sont dépouillés de toute considération. On pourrait donc imaginer l’avenir d’un tel processus.

  • Insuffisance d’engagement financier

Les appuis financiers alloués à la préparation des cadres et processus ne prennent pas en compte toutes les réalités du milieu et certaines dépenses sont jugées superflues par le bailleur de fonds. En définitive, le budget qui doit servir à une préparation convenable des processus se trouve insuffisant. Certaines étapes de la préparation du processus se trouvent escamotées ou tout simplement supprimées. Ce qui porte inévitablement préjudice à la réussite des processus et cadres.

  • Le cloisonnement des expériences découlant des procédures imposées et la prédilection des bailleurs de fonds à développer des référentiels spécifiques

Certains bailleurs de fonds se sont spécialisés dans le financement des activités relevant de domaines déterminés. Cette attitude a entraîné au fil du temps le développement de référentiels spécifiques engendrant le cloisonnement des différentes expériences accumulées. La conséquence directe de cette situation est la mauvaise coordination et planification des appuis financiers en fonction des besoins sur le terrain.

Les raisons liées à l’Etat

L’état a une grande part de responsabilité dans la faible implication des jeunes dans les cadres de planification. Les facteurs qui expliquent cet état de fait sont nombreux, mais on peut retenir principalement :

  • Les contraintes liées au calendrier de déroulement des processus et réception tardive des documents de préparation

La plupart des cadres de planification se définissent dans la mouvance du contexte international, impliquant à la fois plusieurs pays. Les échéances calendaires sont préétablies et il appartient aux acteurs nationaux de s’y conformer sans qu’on ne leur donne, ni le temps, ni les documents nécessaires favorisant une compréhension et une bonne préparation des processus. Cette situation engendre des retombées négatives dans l’exécution des processus qui, dans la plupart des cas, est souvent mal faite.

  • L’absence d’une politique nationale bien définie pour impliquer les différents acteurs

Au niveau national, le pays ne dispose pas encore de grandes orientations définissant les modalités d’implication des différents acteurs dans les cadres et processus conduits. L’administration centrale qui s’est accaparé l’élaboration des cadres, détermine soit par coptage, soit par affinité les acteurs à impliquer. La conséquence directe de cette situation est la faiblesse des résultats obtenus.

  • L’administration centrale n’a pas confiance aux compétences de la société civile

Jusqu’alors, les autorités avaient considéré l’élaboration des cadres comme demeurant la seule propriété de l’administration centrale.

Le principal alibi utilisé pour justifier cet état de fait est la faible organisation des acteurs de la société civile et l’immaturité technique des jeunes par rapport aux questions examinées.

  • La faible capacité financière de l’Etat et la faiblesse des ressources financières mobilisées pour appuyer les processus

Les budgets de préparation des cadres de planification sont basés principalement sur des financements étrangers. Selon les modalités de financement, on exige quelquefois de l’Etat une participation financière pour mener à bien le travail défini. La quote-part de l’Etat étant le plus souvent non versée, certaines étapes de la préparation du cadre ou du processus sont purement et simplement occultés ou supprimées. On implique alors le moins d’acteurs possible, notamment les sans voix pour minimiser les coûts.

  • Le déficit d’information et de communication et temps très court de préparation

L’implication des jeunes dans les différents cadres peut se résumer à la validation d’un document de processus. Ils reçoivent quelques jours avant la tenue de la rencontre, des documents volumineux devant être lus pour favoriser leur participation effective aux débats de la rencontre. Le temps matériel ne permettant pas aux représentants désignés de recueillir les avis des différents membres,  participent et font prévaloir des points de vue personnels qui engagent tout le groupe. Dans l’exécution du cadre, des problèmes se font sentir car le groupe fait ressortir d’autres idées contraires à celles qui ont été consignées dans le document de préparation.

  • L’absence de cahier de charges pour les mandataires désignés à s’impliquer dans les cadres de planification

La plupart des cadres de planification ne définissent pas au préalable les rôles spécifiques que les différents groupes impliqués doivent jouer. La conséquence directe est une répercussion négative sur la qualité de cette implication, étant donné que les groupes ne savent pas au préalable le mandat spécifique à remplir.

  • L’absence ou la faiblesse des dispositions prises par les programmes et les projets pour évaluerles impacts de leurs activités.

Un grand nombre de programmes et projets n’incluent pas dans la conduite de leurs activités des dispositions pour évaluer l’impact de leurs projets. Dans le meilleur des cas, ceux qui prennent en compte l’évaluation de l’impact, sont confrontés à des résultats précnçus qui ne donnent pas des informations fiables. C’est pourquoi il n’est pas étonnant de constater que certains projets ou programmes qui ont un impact faible sont répétés ou reconduits contre la volonté des principaux bénéficiaires.

  • Insuffisance de flexibilité dans la mise en œuvre des plans

La mise en œuvre d’un plan est déterminée entre autres par des facteurs socio-politico-économiques et culturels. La résultante de ces différents facteurs engendre une dynamique qui peut occasionner des blocages et perturber ainsi la conduite du plan, ou affecter les objectifs définis au départ.

Devant de telle situation, le chronogramme d’exécution doit être à mesure de s’adapter au nouveau contexte et inclure les paramètres nouveaux. Mais beaucoup de plans ont échoué tout simplement parce qu’ils n’ont pas été en mesure d’être flexibles dans leur mise en œuvre.

Leçons tirées

Pour garantir une réelle implication des différents groupes d’acteurs (Société civile dont fait partie les jeunes, bailleurs de fonds et Etat), chaque catégorie d’acteurs doit être disponible, manifester un intérêt pour le processus et démonter une responsabilisation des individus à l’intérieur des structures qualifiées.

Recommandations

Pour garantir une préparation satisfaisante de la participation aux processus de planification, les jeunes recommandent :

A la Société civile de :

  • S’impliquer dans la mise en œuvre et l’exécution des processus et cadres de planification ;
  • jouer un rôle de contrôle et d’interpellation des autorités afin d’empêcher les détournements d’objectifs dans la mise en œuvre des processus.

Aux bailleurs de fonds

  • Donner les moyens financiers pour développer les compétences locales pour l’exécution des projets ;
  • créer un cadre de concertation des bailleurs de fonds pour coordonner leurs actions ;
  • tenir compte des réalisations antérieures et préoccupations réelles ;
  • favoriser les échanges d’expériences ;
  • développer l’appui technique financier et humain, tout en valorisant l’expertise nationale.

A l’Etat

  • d’informer, sensibiliser suffisamment sur les processus et cadres de planification ;
  • de mettre en place des mécanismes susceptibles de garantir la mise en œuvre réussie des processus ;
  • de procurer une documentation suffisante sur les différents processus ;
  • de garantir une bonne planification des activités du processus en donnant un large temps de réflexion aux groupes d’acteurs ;
  • de définir une politique nationale d’harmonisation des actions sur le terrain et des principes d’intervention des bailleurs de fonds ;
  • de veiller à une  répartition géographique harmonieuse  des projets sur le terrain.

Synergie entre les Politiques Sectorielles

Il est ressorti des analyses faites par le groupe des jeunes qu’il existe peu de synergie entre les politiques sectorielles.

Les facteurs qui déterminent cette situation

Facteurs liés à l’Etat

  • La faiblesse de la représentation des institutions étatiques et des organisations de la Société civile

La faible mobilisation des ressources financières paraît la principale raison qui explique le nombre réduit des institutions étatiques et des organisations de la Société civile impliquées dans les différentes politiques sectorielles.

  • La faiblesse de communication entre les institutions

Les services ont acquis l’habitude de travailler en vase clos ; le partage des acquis des différentes politiques sectorielles semblent rares, voire inexistant. En outre les mandataires aux différentes rencontres qui ont la charge de faire des restitutions ne s’acquittent pas la plupart du temps de cette mission ; ils monopolisent par dévers eux l’information reçue.

  • L’absence d’une autorité suffisante pour permettre aux comités de pilotage d’assurer le suivi des processus et de veiller à la prise en compte réelle des orientations et des stratégies définies.
  • La faiblesse des capacités des organes techniques qui appuient les comités de pilotage à innover des liens entre les politiques sectorielles ;
  • L’inexistence de cadres réglementant les interventions. 

Il n’existe aucune politique qui définisse et détermine les interventions sur le plan national. Cette situation favorise le saupoudrage des activités qui profitent peu aux populations bénéficiaires.

Facteurs liés aux bailleurs de fonds

  • Difficulté d’affirmation de leadership national et insuffisance de concertation

Etant donné l’absence d’une politique réglementant l’intervention des différents bailleurs de fonds, il s’est développé au niveau du pays une lutte des bailleurs de fonds pour se positionner sur le plan national par le biais de leurs approches souvent peu adaptées aux réalités du milieu. Cette politique de balkanisation au niveau du pays engagée par les bailleurs de fonds ne favorise pas une concertation efficace et une harmonisation des politiques sectorielles.

  • L’insuffisance de concertation des bailleurs de fonds

Il existe sur le plan national une multitude de bailleurs de fonds qui disposent chacun de modalités et de procédures de financement spécifiques. Toute chose qui ne favorise pas une intégration et une synergie entre les politiques sectorielles.

Facteurs liés aux jeunes

  • Insuffisance d’harmonisation des actions sur le terrain

Il existe beaucoup d’associations et mouvements de jeunes qui mènent des activités de développement sur le terrain ; malheureusement ces actions sont très peu harmonisées ; cela engendre parfois des doubles emplois et des difficultés de suivi.

Leçons tirées

La faiblesse d’intégration et de synergie entre les politiques sectorielles induit les effets suivants :

  • un faible impact, c’est-à-dire un manque de profit pour la Société civile à cause de la dispersion des efforts ;
  • une désorientation de la population ;
  • une difficulté de capitaliser les expériences ;
  • un double emploi.

Recommandations

Le groupe des jeunes qui ont participé à l’élaboration des lignes directrices de la stratégie nationale de développement durable (SNDD) recommande :

A l’Etat de 

  • définir des principes d’intervention des bailleurs de fonds ;
  • veiller à une répartition géographique harmonieuse des projets sur le territoire national ;
  • élaborer et mettre en place une politique nationale en matière de concertation ;
  • développer un système d’information, de formation et de communication à l’adresse des acteurs ;
  • mobiliser les moyens humains, financiers et matériels suffisants ;
  • développer un système de partenariat qui favorise la concertation entre les différents acteurs du développement ;
  • valoriser les acquis et les expériences de ces cadres de concertation ;
  • renforcer les capacités opérationnelles de ces comités locaux ;
  • décentraliser les structures en créant en plus des dispositifs nationaux et provinciaux, des dispositifs au niveau des départements et des villages.

Aux bailleurs de fonds

  • d’harmoniser les modalités et procédures de financement pour alléger le travail d’élaboration des rapports par les bénéficiaires ;
  • de renforcer la concertation entre eux.

Processus

Description de l’expérience

“ Les dispositions définies ou prévues pour assurer l’implication effective des mouvements de jeunes dans l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi des processus semblent ratées ou inexistantes. Au cas où elles existent, nous n’avons aucune garantie que nos propositions ou suggestions seront prises en compte. En outre, notre implication ne sert que de formalités à remplir car les débats sont souvent trop techniques et ne sont pas adaptés à nos réalités ” ainsi s’exprimaient les jeunes lors de la mise en commun du groupe des jeunes.

L’expérience d’implication effective et de participation à un processus citée par le groupe des jeunes après la période de la révolution, est l’élaboration du Programme d’Action National de Lutte contre la Désertification (PAN/LCD), coordonnée par le Secrétariat Permanent du Conseil National pour la Gestion de l’Environnement (SP/CONAGESE), auquel ils ont participé.

Le PAN/LCD est l’aboutissement de la mise en œuvre de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification, convention dont l’objectif global est de renforcer la capacité des autorités locales et d’assurer la participation active des populations, des collectivités locales et des groupes locaux dans les actions de lutte contre la désertification et d’atténuation des effets de la sécheresse en vue de contribuer à l’instauration d’un développement durable du pays.

La stratégie de mise en œuvre s’est caractérisée par le souci de respecter les principes clés de la convention, à savoir la participation, la concertation, le partenariat et l’itération.

Les principales causes explicatives de cette marginalisation

Les principales raisons de cette faible implication des jeunes aux différents processus pourraient s’expliquer par plusieurs facteurs responsabilisant les acteurs suivants :

Les causes liées à l’Etat

  • L’accaparement des processus par les institutions publiques et leur faible capacité d’impulsion et de coordination ;
  • l’implication de la Société civile n’était pas une préoccupation des technocrates de la planification de la période considérée, parce que ne maîtrisant pas encore suffisamment les outils de la planification pour daigner mettre en place une politique nationale qui implique les différents acteurs concernés par ces processus ;
  • Le rôle prépondérant joué par des institutions publiques ayant de faibles capacités d’impulsion et de coordination.

Les causes liées à la Société civile (groupe des jeunes)

  • Faible niveau d’organisation de la Société civile

La Société civile de l’époque peu organisée n’inspire pas confiance aux technocrates ; elle ne constitue pas encore une force de négociation véritable qui puisse inquiéter et interpeller l’administration centrale dans cette démarche de marginalisation ; mieux encore, elle ne perçoit pas un intérêt particulier à participer à ces processus. En résumé, la Société civile ne dispose d’aucune information sur les différents processus. Et quand bien même elle arrivait à être impliquée, les documents lui parviennent tard, si bien qu’elle ne dispose pas suffisamment de temps pour les exploiter et tirer un profit. En d’autres termes, la qualité de son implication laisse à désirer.

  • La qualité de certains représentants de groupe

Certains membres d’associations ne sont pas en mesure de produire au cours des rencontres des processus des contributions de qualité aux questions à examiner, laissant ainsi paraître leur implication comme une simple figuration. Ces situations quand elles se répètent n’encouragent pas l’administration centrale à impliquer ces groupes.

Les causes liées aux bailleurs de fonds

  • les modalités de mise en œuvre des processus sont déterminées principalement par les bailleurs de fonds qui ont une connaissance peu approfondie du milieu local.
  • le faible niveau des ressources financières mobilisées (budget de l’Etat et système de coopérative) est souvent le facteur limitant à l’implication de tous les acteurs dans les processus.

Leçons tirées

Les enseignements tirés par les jeunes en matière d’implication dans les processus sont multiples et peuvent se résumer comme suit :

  • les jeunes subissent les processus, car ne maîtrisant pas les questions techniques et n’étant pas impliqués dès le début des processus, ils ont du mal à "dominer" les questions examinées. Pire encore, ils ne détiennent aucun pouvoir réel de contrôle de ces processus, toute chose qui leur permettait d’assurer un suivi convenable ;
  • la Société civile dont les jeunes sont une partie intégrante, doit conquérir son "espace au soleil" dans les processus ;
  • les structures de l’Etat doivent se rendre favorables à l’implication des autres acteurs dans les  processus ;
  • l’Etat doit procéder à une relecture (actualisation) périodique des processus pour prendre en compte les facteurs nouveaux qui sont générés par le contexte national et international ;
  • les responsables de l’administration publique doivent travailler à favoriser et à améliorer les échanges entre les comités de pilotages et les autres acteurs ;
  • les bailleurs de fonds doivent mettre à la disposition des différents acteurs des fonds suffisants et dont les procédures et conditions de décaissement sont souples pour travailler ;
  • les jeunes doivent travailler dans le sens de se  faire impliquer dans les sphères de décision des processus ; dans le cas où cette proposition n’agrée pas les responsables de l’administration  centrale, les jeunes développeront un véritable partenariat avec les membres des comités de pilotage des différents processus afin d’obtenir l’information nécessaire leur permettant de travailler.

Recommandations

Pour favoriser l’implication des jeunes dans les différents processus, améliorer la qualité de cette implication et assurer une meilleure efficacité des mécanismes de coordination mis en place par les différentes structures, les jeunes ont formulé des recommandations à l’endroit des différents acteurs.

A l’endroit de l’Etat

Pour améliorer l’implication des jeunes dans les différents processus et leur favoriser un impact, il faut que l’Etat :

  • ait une volonté réelle d’impliquer les jeunes et non une implication de figuration ;
  • ait une reconnaissance réelle du rôle et de l’importance de l’implication des jeunes dans les processus ;
  • assure une bonne information/sensibilisation et formation des jeunes et une bonne planification des activités du processus ;
  • veille à une mobilisation suffisante des moyens afin d’assurer une implication directe et effective des jeunes aux différents niveaux des processus de planification ;
  • érige les jeunes au même rang que toutes les parties prenantes aux concertations des processus ;
  • définisse des principes d’implication et la mise en place d’une autorité suffisante à même de faire valoir la prise en compte des suggestions et propositions des jeunes et la non discrimination de certaines parties prenantes aux concertations.

Concernant les dispositions à prendre pour assurer une meilleure efficacité des mécanismes de coordination des processus mis en place, l’Etat doit :

  • procéder à une bonne définition des objectifs de ces processus ;
  • veiller à favoriser une mobilisation des moyens internes par chaque structure impliquée dans les processus.

Pour aider les mouvements des jeunes à adopter des modes de fonctionnement plus démocratiques, plus transparents et à promouvoir la communication interne il faut :

  • un appui technique aux activités des mouvements des jeunes ;
  • identifier les besoins en formation des mouvements et associations de jeunes et élaborer un programme approprié pouvant s’appesantir particulièrement sur les thèmes comme :
    • le leadership
    • la démocratie
    • la gestion financière, etc.
  • renforcer le processus de décentralisation à la base ;
  • développer des outils de communication entre les différents acteurs.

Pour plus d’efficacité dans l’exécution des activités des membres des associations et mouvements de jeunes et afin de permettre aux jeunes de jouer leur rôle de bâtisseurs de la nation, nous recommandons au Gouvernement de veiller à ce que le Ministère de la jeunesse et des sports mette aussi l’accent sur les préoccupations des jeunes comme il le fait plus particulièrement pour le sport.

A l’adresse des jeunes

Les jeunes doivent :

  • organiser leur temps de manière à pouvoir mieux participer aux différentes activités des processus ;
  • entretenir un partenariat permanent et fructueux avec les comités de pilotage des différents processus.

Concernant les dispositions à prendre pour assumer une meilleure efficacité des mécanismes de coordination mis en place, les jeunes doivent :

  • veiller à assurer un choix judicieux des représentants qui doivent être disponibles et répondant au profil souhaité ;
  • s’engager à créer un cadre idéal et des conditions adéquates pour accomplir les tâches.

Pour améliorer les dispositifs de financement des activités, les structures de jeunes doivent :

  • élaborer un budget prévisionnel ;
  • inculquer aux militants à la base, l’esprit de créativité pour initier des activités génératrices de fonds ;

Pour renforcer le partenariat avec les autres acteurs, les jeunes doivent :

  • définir les domaines de partenariat ou de collaboration / coopération avec les autres structures et s’atteler à réaliser des activités communes ;
  • chercher à connaître les domaines d’action des autres acteurs.

Pour aider les mouvements des jeunes à adopter des modes de fonctionnement plus démocratiques, plus transparents et à promouvoir la communication interne, il faut :

  • faire des exercices de jeux démocratiques (liberté d’expression) et des choix alternants, transparents par un système de gestion collectif.

A l’endroit des bailleurs de fonds, de l’Etat et des mouvements de jeunes

Pour promouvoir l’application de l’approche genre dans l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi des processus de planification, il faut :

  • impliquer toutes les couches sociales, notamment les groupes défavorisés dans l’élaboration des processus ;
  • prendre en compte les préoccupations des uns et des autres ;
  • adapter le concept genre à travers une lecture suffisante de notre environnement socio-culturel.

Impacts Dispositifs de Suivi-Evaluation

L’impact des processus est globalement faible et les dispositifs de suivi-évaluation quasi inexistants. Les facteurs qui expliquent cette situation relèvent principalement de la responsabilité de l’Etat et des bailleurs de fonds. On peut retenir :

  • la nature des équipes techniques (critères de choix, niveau de rémunération, modalités de sanctions) ;
  • l’inexistence ou la faible pertinence des indicateurs de suivi ;
  • la faible autonomie des dispositifs de suivi et d’évaluation ainsi que leur objectivité limitée ;
  • insuffisance de la connaissance du contexte socio-politique et culturel par des bailleurs de fonds ;
  • le temps anormalement long entre la phase d’élaboration du processus et la phase d’opérationnalisation sans que les acteurs impliqués n’aient une explication au préalable. Cette situation casse la dynamique et l’engouement de départ. (Cas du PAN/LCD) ;
  • l’absence d’un cahier de charges définissant clairement le rôle et le mandat de chaque groupe spécifique concerné par les processus ;
  • l’implication du groupe des jeunes en cours de processus (seulement à la deuxième phase) n’a pas permis à ce groupe de maîtriser toutes les étapes du processus ;
  • la mauvaise circulation de l’information en direction de certains groupes est une des causes de la non participation de certains représentants des jeunes au lancement du Programme d’Action National de Lutte Contre la Désertification ;
  • les modalités de mise en œuvre des processus sont déterminées principalement par les bailleurs de fonds ;
  • le rôle prépondérant joué par des institutions publiques ayant de faibles capacités d’impulsion et de coordination ;
  • le faible niveau des ressources financières mobilisées (budget de l’Etat et système decoopération) ;
  • faible implication de la Société civile.

Contribution des ONG

Les ONG connaissent, quoique faiblement pour certaines, la plupart des cadres et plans sectoriels et transversaux cités. Les collectifs ont été, à un moment où à un autre, associés, soit à leur préparation, soit à leur mise en œuvre.

Mais cette connaissance est circonscrite aux seuls collectifs (SPONG, B.LONGA, COPOD, etc.). Les ONG et associations membres restent en marge de cette dynamique. En effet, l’information aux mains des collectifs n’est pas toujours portée à la connaissance des autres membres en raison des difficultés financières qu’ils ont et des charges récurrentes. Une bonne circulation de l’information implique des charges (rencontres, photocopies, etc..) que la situation financière actuelle ne permet pas de satisfaire.

Il y a donc au niveau des ONG, une situation duale avec un sommet informé et parfois impliqué et une base quasiment ignorante.

Sept plans et processus ont été identifiés comme correspondant à leurs préoccupations parce que s’inscrivant dans leurs activités et répondant potentiellement à leurs besoins (formation, allocation de ressources, appui institutionnel, développement de capacités, etc..)

Ce sont :

  • le plan décennal de développement de l’éducation de base ;
  • le programme d’ajustement du secteur agricole ;
  • le plan d’action pour l’élevage ;
  • le PANE ;
  • le PAN / LCD ;
  • les TOD ;
  • le CSLP.

Modalites de Preparation des Cadres de Planification

Les cadres et processus au Burkina Faso ont été et sont accaparés par l’administration centrale. La Société civile et singulièrement les ONG n’ont été le plus souvent associées que lors des ateliers de validation de résultats auxquels ils sont étrangers. Lorsqu’elles ont été impliquées, la faiblesse de leur représentation, la mauvaise représentation et l’absence aux instances de décision limitent leur contribution tout en ne leur permettant pas de défendre leurs points de vue et leurs spécificités.

Les limites des cadres et processus

Limites liées à l’action des ONG

  • la méconnaissance par les acteurs des mécanismes de suivi des processus

La méconnaissance des mécanismes de suivi des processus n’a pas permis et ne permet pas aux ONG de s’impliquer efficacement dans les processus et autres cadres de planification. Ils ont rarement développé des initiatives propres de recherche d’information, or, sans informations il n’y a pas d’actions.

  • La faible capacité (quelque fois) des mandataires

L’absence ou l’insuffisance d’information ne permet pas toujours aux ONG de mesurer tout l’intérêt que représente pour eux les cadres et processus. Le choix des mandataires n’a pas toujours été en conséquence de qualité d’où des contributions souvent limitées.

  • L’absence de cahier de charges pour ces mandataires

C’est une conséquence du faible intérêt accordé aux processus et cadres de planification (par manque ou insuffisance d’information). Les mandataires n’ont pas obligation, par exemple, de faire des restitutions au sein de leurs institutions respectives, d’où l’absence de suivi et un accroissement de la méconnaissance déjà évoquée.

  • Le faible niveau organisationnel de certaines ONG

La structuration de nombre d’ONG reste inachevée. Lorsqu’elle l’est, le fonctionnement des différentes instances prévues est irrégulier. La confiscation de la décision par une minorité de responsables accroît le désintérêt des membres, accentue l’atrophie des structures et des instances et instaure un mode de gouvernance opaque et démotivant. Et comme une ONG peu structurée et qui ne présente pas une certaine visibilité des actions ne présente pas toutes les garanties nécessaires pour une participation de qualité aux différents processus, c’est la représentation qui s’en trouve diminuée.

  • L’absence de concertation et de mécanismes de coordination

Le milieu des ONG se caractérise par une insuffisance de concertation et par une rivalité souvent stérilisante d’où la difficulté de choix des représentants aux différents instances. C’est donc aux ONG à développer et à renforcer la concertation entre elles, élaborer des stratégies qui leur permettent d’être mieux représentées dans la préparation des cadres et processus, des mécanismes de coordination d’activités qui permettent d’être mieux informés.

Limites liées à l’action de l’Etat

  • Faible sensibilisation et information des acteurs

L’une des raisons déjà évoquées de la faible contribution des ONG aux différents processus est le faible intérêt qu’elles leur accorde en raison, principalement, du manque d’informations appropriées. En tant que centre principal d’impulsion, il revient à l’Etat de mener auprès des ONG une sensibilisation adéquate et une information efficace. Il est malheureusement constaté que ce volet ne requiert pas toujours toute l’attention nécessaire, d’où une contribution parfois mitigée des ONG à la préparation des cadres et processus.

  • Accaparement des processus

L’omniprésence de l’administration centrale dans la préparation des cadres et processus est perçue comme une volonté, sinon d’exclusion de la société civile, de lui accorder peu de place. En dépit du contexte actuel de décentralisation qui consacre un partage de compétences entre l’Etat et la Société civile et du contexte politique qui préconise la participation de tous aux actions de développement, l’Etat semble avoir encore et toujours du mal à se débarrasser de ses réflexes centralisateurs et hégémoniques. Il semble que la Société civile ne bénéficie pas encore de toute l’importance qu’elle mérite.

  • Faible appui financier et technique à la préparation préalable aux rencontres et choix méthodologiques inappropriés

Les ONG ne disposent pas toujours de compétences ou de capacités pour préparer convenablement leur participation à la préparation des cadres et processus, même s’ils bénéficient d’une sensibilisation et d’une information efficaces. Cette situation handicape sérieusement leur contribution. Or, rarement, ils bénéficient d’un appui dans ce sens. C’est bien d’associer les ONG aux différents cadres mais c’est tout aussi mieux de penser à leur apporter un appui technique et financier qui leur permette de mieux préparer leur participation. A cet effet, le présent processus innove et constitue un exemple à suivre. Il faut aussi signaler en plus de la faiblesse des capacités techniques et financières un calendrier d’exécution contraignant, des choix contestables et contestés des représentants.

  • Le vide juridique

Le Burkina Faso est aujourd’hui l’un des seuls pays de la sous région à ne toujours pas disposer d’une législation propre aux ONG. La qualité d’ONG est attribuée par le BSONG sur des critères qui mettent plus l’accent sur les projets que sur la qualité des interventions d’où l’absence d’un code de conduite et d’éthique pour “ discipliner ” les ONG et suivre leur fonctionnement. Le vide actuel favorise et entretient les dysfonctionnements. Cette situation fait qu’aujourd’hui, il existe une kyrielle d’ONG au Burkina Faso alors que très peu fonctionnent convenablement. Comment alors s’étonner de la faiblesse de leur contribution ?

Les limites liées aux bailleurs

  • Imposition de projets et programmes pas toujours conformes aux priorités des populations

L’un des reproches fait aux bailleurs est la spécialisation de leurs interventions sous forme de domaines spécifiques. Ainsi, tel bailleur intervient dans tel domaine et dans telles  provinces. La conséquence est que parfois les projets et programmes élaborés ne correspondent pas toujours aux priorités des populations cibles d’où, naturellement, une participation et un intérêt proportionnels.

  • Contraintes de calendriers et de résultats immédiats

A l’image de la SNDD, les délais accordés aux partenaires pour préparer leurs contributions à la préparation des différents cadres et processus sont insuffisants. Astreints à une obligation de résultats dans un temps relativement court, il s’en suit, quelque fois, une réflexion insuffisante et donc des résultats mitigés. Cette contrainte de calendrier explique aussi la prépondérance de l’administration centrale et la faiblesse de l’implication de la société civile.

  • Complexité et multiplicité des procédures et mise à disposition tardive des fonds

La plupart des bailleurs de fonds disposent de procédures comptables propres et parfois complexes. Bénéficiant souvent de financement multiples, les ONG se voient astreintes à faire, pour chacune des sources de financement, un rapport ; toute chose que permettent difficilement la quantité et la qualité du personnel disponible. Les retards de justificatifs dus plus à des difficultés techniques qu’à la mauvaise gestion entraînent des retards concomitants sur les décaissements, d’où des actions limitées et tronquées

Les leçons

La plupart des limites évoquées peuvent, progressivement, à court ou à moyen terme, être résorbées. Mais plus que tout, tant que le vide juridique relatif aux conditions de création et de fonctionnement des ONG ne sera pas comblé et le milieu “ assaini ”, on aura toujours cette impression de sous représentation car, par rapport au nombre d’ONG reconnues dans les conditions du moment, il y a et il y aura toujours très peu de fonctionnels.

Les recommandations

A l’endroit des ONG

  • s’organiser pour aller à la recherche de l’information ;
  • veiller à avoir une représentation de qualité ;
  • instaurer des mécanismes internes qui permettent le suivi de la participation aux  différents processus ;
  • assurer le fonctionnement régulier des instances ;
  • instaurer entre ONG des mécanismes de concertation qui permettent une meilleure circulation de l’information et garantir une participation concertée et de qualité.

A l’endroit de l’Etat

  • avoir une claire et réelle connaissance du rôle des ONG en tant que représentantes de la société civile ;
  • prévoir et apporter un appui technique et financier conséquent à la préparation des cadres et processus ;
  • élaborer et doter les ONG d’un texte de loi réglementant la création et le fonctionnement afin d’assainir  le “ milieu ” et rendre plus efficaces leurs interventions ;
  • mettre à temps la documentation à la disposition des participants.

A l’endroit des bailleurs

  • abandonner la pratique des domaines et des zones d’intervention et adapter les projets et programmes aux priorités des populations cibles ;
  • prendre en compte les exigences en temps en accordant des délais suffisants à la préparation des cadres ;
  • alléger les procédures comptables, tendre vers leur harmonisation afin de permettre la mise à disposition à temps des fonds aux ONG ;
  • intensifier la concertation afin d’harmoniser les méthodes et procédures.

Synergie entre les Politiques

L’ensemble des collectifs d’ONG ayant participé au dialogue marquent leur accord avec le constat selon lequel les différents cadres et processus sont caractérisés par une faible synergie. Plusieurs raisons qui relèvent à la fois de l’action de l’Etat et de celle des bailleurs expliquent cette situation.

Les facteurs explicatifs

Les facteurs liés à l’action de l’Etat

  • Volonté politique non manifeste

Le premier facteur explicatif est l’absence de volonté politique affichée par l’Etat. En effet, les ONG estiment, que dans le souci de rationaliser les interventions, il est du devoir de l’Etat non seulement d’affirmer une volonté politique manifeste dans ce sens mais également de la traduire par des actes. Il revient donc à l’Etat d’organiser les interventions dans le territoire de son ressort ; c’est son rôle.

Il y a aussi un coefficient personnel lié à la personnalité des différents responsables politiques qui devraient, au lieu de céder à tout bout de champ aux pressions et aux “ chantages ” divers des bailleurs avant toute autre considération, ne voir que l’intérêt du pays.

  • Difficulté d’affirmation du leadership national

La faible synergie entre les politiques relève aussi des difficultés de l’Etat à affirmer son leadership. En effet, comment un Etat dépendant économiquement de bailleurs aussi divers peut-il leur imposer une orientation du travail qui va à l’encontre des procédures habituelles ? la dépendance économique explique donc pour une part cette situation.

  • Les comités de pilotage ne disposent pas de l’autorité nécessaire pour faire respecter les orientations et stratégies adoptées

La plupart des cadres et processus sont préparés et mis en œuvre par des comités de pilotage qui en définissent les grandes orientations stratégiques. Bien que souvent au fait du cloisonnement des interventions et de ses implications techniques, budgétaires et financières, ces instances ne disposent pas de l’autorité suffisante pour encadrer ces interventions. Si l’Etat qui leur confère cette autorité a du mal à affirmer son leadership face aux bailleurs, il ne peut en être autrement pour les comités de pilotage.

  • Faible mobilisation des ressources

La participation financière à la préparation et à la mise en œuvre des cadres et processus est et reste faible d’où un assujettissement aux conditions des bailleurs et incidemment la difficulté à affirmer son leadership.

Les facteurs liés à l’action des bailleurs

  • Multiplicité des procédures, insuffisance de concertation et cloisonnement des interventions

La spécificité des procédures des bailleurs et leur volonté de les voir être respectées favorise le cloisonnement des interventions et ne crée pas un environnent favorable à leur harmonisation. La faiblesse de la concertation entre eux vient par ailleurs accentuer cette situation. C’est l’exemple du PASA ou chaque bailleur est représenté par un assistant technique.

  • Imposition de cadre, processus et domaines qui ne correspondent pas toujours aux besoins des populations

La prédilection des bailleurs à s’accrocher à des domaines et à des zones d’intervention procède d’une démarche rigide contraire à celle recommandée du bottom up. Il s’élabore ainsi des projets et programmes quelques fois différents des priorités des populations cibles. La conséquence est une superposition d’activités identiques dans des espaces connexes qui ont des priorités différentes et donc un manque de rationalisation et de synergie.

Les leçons

Ici aussi, le levier premier est et demeure la volonté politique de l’Etat et sa capacité à affirmer son leadership ; cela suppose une participation financière plus accrue aux différents cadres et processus et un environnement institutionnel favorable.

Les recommandations

A l’endroit de l’Etat

  • créer une coordination des appuis aux ONG ;
  • créer un environnement institutionnel favorable à la concertation des bailleurs ;
  • affirmer et renforcer son leadership national.

A l’endroit des bailleurs

  • accroître et renforcer la concertation pour harmoniser les procédures ;
  • adapter les interventions aux priorités des populations ;
  • inscrire les interventions dans les orientations définies par l’Etat ;
  • ouvrir l’appui de tous les bailleurs de fonds aux ONG.

Processus

Les processus et cadres ne tiennent malheureusement pas toujours compte des expériences antérieures d’où parfois des erreurs déjà commises et une opérationnalisation souvent mal faite. Cette situation s’explique par deux types de raisons.

Les limites

Les raisons liées à l’action de l’Etat

  • Cloisonnement des expériences

La multiplicité des expériences et surtout leur cloisonnement ne favorise pas un échange des expériences entre projets et programmes. S’ils existent, les échanges sont limités d’où la reproduction quelque fois des mêmes erreurs, des expériences fructueuses ignorées et donc d’éternels recommencements déperditeurs de temps et de ressources.

  • Insuffisance du suivi et de capitalisation

Tout processus ou cadre nouveau devrait s’appuyer sur le bilan des expériences passées, ce qui suppose un suivi rapproché et efficace. L’Etat ne dispose pas aujourd’hui de moyens ou de l’organisation nécessaire pour ce faire d’où, naturellement, une insuffisance de la capitalisation des expériences et la quasi absence d’une mémoire (archivages).

  • Une expertise nationale mal valorisée

L’Etat ne dispose toujours pas de moyens et de la volonté nécessaires pour mieux valoriser l’expertise nationale dans la préparation et la mise en œuvre des différents cadres et processus. Toute chose qui laisse la latitude aux bailleurs d’imposer les leurs, accentuant ainsi l’écart parfois constaté entre les résultats des processus, cadres et attentes des populations.

  • Instabilité des ressources humaines

Les comités de pilotage, cadres et autres processus sont souvent objet d’une instabilité marquée du personnel. En effet, des motifs politiques ou purement subjectifs interviennent pour muter tel ou tel personnel. Cette situation prive les cadres et processus de leur mémoire et ne favorise donc pas la capitalisation ci-dessus évoquée.

Les raisons liées à l’action des bailleurs

  • cloisonnement des expériences et prédilection à développer des référentiels spécifiques ;
  • contraintes de calendriers et de résultats immédiats ;
  • expertise nationale mal valorisée ;
  • insuffisance des ressources financières allouées aux processus et autres cadres.

La conséquence des limites ci avant évoquées est une opérationnalisation mal faite et donc un impact limité.

L’opérationnalisation mal faite s’explique plus particulièrement :

Pour l’Etat et les bailleurs

  • la faible pertinence des indicateurs de suivi ;
  • la faible autonomie des dispositifs de suivi évaluation et leur objectivité limitée ;
  • le manque de mesures d’accompagnement susceptibles d’infléchir les écarts constatés et/ou de les corriger.

Pour l’Etat

  • le manque de rigueur dans l’exécution et le suivi des plans ;
  • la nature des équipes techniques chargées de l’exécution des plans dont les choix opérés ne respectent pas toujours les garanties techniques requises.

Les Impacts

Faible synergie et opérationnalisation mal faite aboutissent à un faible impact. Les raisons sont multiples et fonction du type d’acteur.

Les raisons du faible impact des processus

Les raisons liées à l’action des ONG

  • La mauvaise gestion des fonds

Les ressources mises à la disposition des ONG n’ont pas toujours été bien gérées. Absence de transparence, utilisation non conforme des fonds, absence et/ou non conformité des justificatifs sont entre autres les manques constatés dans la gestion des fonds mis à la disposition des projets, programmes, cadres et processus. Ces irrégularités réduisent la part des fonds affectés à la mise en œuvre, ralentissent les décaissements et donc freinent les interventions.

Les raisons liées à l’action de l’Etat

  • La faiblesse du suivi

Les projets, programmes, cadres et processus ne bénéficient pas toujours de la part de l’Etat du suivi requis. En effet, la faiblesse des ressources financières mobilisées ne permet pas de consacrer au suivi toute la rigueur nécessaire d’où évidemment des écarts non décelés à temps et une exécution approximative et un impact limité.

  • Rôle prépondérant joué par les institutions publiques

Une mise en œuvre réussie des processus, cadres, projets et programmes requiert la participation effective des populations à la base, partenaires privilégiés des ONG. Le rôle prépondérant détenu et joué par les institutions publiques a jusque là réduit l’implication des ONG ; les populations à la base ont donc été en conséquence peu associées à des programmes et projets ne correspondant pas toujours à leurs priorités, d’où un impact quelque fois limité et mitigé.

  • Faible niveau des ressources financières et mauvaise gestion des fonds

Le faible niveau des ressources financières allouées par l’Etat aux différents programmes et processus ne permet pas d’accorder au suivi, à l’évaluation et aux mesures éventuelles d’accompagnement toute l’attention requise d’où nécessairement la persistance d’écart constaté et donc un faible impact. Il faut aussi ajouter la mauvaise gestion des fonds mis à disposition, toute chose qui retarde les décaissements, ralentit les activités et amoindrit l’impact.

Les raisons liées à l’action des bailleurs

Il s’agit essentiellement :

  • Du faible niveau des ressources mobilisées

La multiplication des cadres et processus dans un contexte marqué par une insuffisance de concertation entre bailleurs fait que les ressources mobilisées ne permettent pas toujours de couvrir convenablement toutes les actions. En outre, les doubles emplois induits constituent des pompes à finance qui auraient pu et dû servir à d’autres types d’activités.

  • De la prépondérance dans la détermination des modalités de mise en œuvre

Les ONG estiment que du fait de leurs apports financiers importants, les bailleurs influencent les différentes modalités de préparation et de mise en œuvre alors que celles-ci devraient plutôt l’être par les bénéficiaires que sont l’Etat et les ONG. Cette situation aboutit parfois à un hiatus entre les propositions et les pratiques locales d’où les difficultés à articuler pratiques locales et modalités et donc une mise en œuvre peu performante.

Les leçons

  • un processus réussi se fonde en partie sur les expériences passées ;
  • la qualité d’un processus, un programme ou un projet est aussi fonction de la qualité du suivi évaluation effectué ;
  • la composition des comité de pilotage et des différentes équipes techniques ne doit obéir qu’aux seuls impératifs d’ordre technique ;
  • un processus réussi requiert aussi et surtout une stabilité minimum du personnel.

    Les recommandations

A l’endroit des ONG

  • assurer une gestion transparente et efficace des fonds alloués

A l’endroit de l’Etat

  • veillez à une implication effective de la société civile à toute les étapes des cadres et processus ;
  • veiller à accroître sa contribution financière ;
  • instaurer un système de gestion transparent des fonds alloués ;
  • systématiser les évaluations par des équipes indépendantes et diffuser les résultats ;
  • sanctionner mais aussi récompenser les équipes techniques de mise en œuvre en fonction d’un cahier de charge préétabli ;
  • recruter plutôt que nommer les cadres des équipes techniques et leur assurer une rémunération conséquente.

A l’endroit des bailleurs

  • accroissement de la participation financière ;
  • associer et prendre en compte les points de vue des acteurs à la base dans les modalités de préparation et de mise ne œuvre des processus et cadres.

Lecons tirees du Processus Actuel

Les facteurs de réussite

  • Une approche réellement participative

C’est la première fois, disent les ONG, qu’un processus associe tous les collectifs à un travail de réflexion. Non seulement cette initiative offre à ces collectifs l’occasion d’amorcer, à travers un exercice, une réflexion réelle sur la coordination de leurs activités et l’élaboration de mécanismes indiqués à cet effet mais elle les oblige à un travail de qualité.

  • Une approche pédagogique à encourager

La mise à disposition de facilitateurs a permis de mieux préparer en concertation interne les contributions des différents collectifs. En outre, la conduite des dialogues par ces facilitateurs est innovante. Expliquer patiemment en cas de blocage mais ne jamais chercher à se substituer aux groupes.

Les limites du processus

  • La faiblesse de la représentation des ONG

En dépit du fait que les collectifs représentés couvrent de nombreuses ONG et associations de base, il semble nécessaire que la représentation soit portée au 1/3 au moins afin d’avoir la chance de toucher le maximum d’acteurs possibles.

  • Mise à disposition tardive et en quantité insuffisante de la documentation

C’est l’une des limites principales identifiées. En effet, les documents de travail ont été pour la plupart transmis seulement une semaine à deux jours avant les rencontres. Cette situation n’a pas permis de disposer du temps nécessaire, pour tous d’exploiter convenablement lesdits documents. Il faut aussi mentionner le nombre limité de copies transmises toute chose qui a réduit le champ de réflexion et par conséquent la participation.

Recommandations

Les ONG encouragent l’Etat à systématiser cette approche bottom-up, tout en élargissant progressivement la participation.


Contribution des Femmes

Les différents cadres et processus existants au Burkina Faso sont en général méconnus des femmes. Selon le niveau de connaissance qu’elles en ont , on peut classer les cadres et processus en deux (2) catégories :

  • les cadres et processus connus, c’est à dire ceux dont elles connaissent l’existence tout en ignorant les dispositifs fondamentaux. Ce sont : le CSLP, le PASA, le PANE, Plan d’Action pour l’élevage ;
  • les cadres et processus qui les impliquent et dont elles connaissent imparfaitement d’ailleurs les dispositifs. Ce sont : PAN/LCD, COPOD, CONAPO, SAHEL 21, CONALDIS, CONACD, TOD, Plan d’Actions pour la Promotion de la femme, Plan d’Actions pour la sécurité alimentaire, plan d’action pour la survie, la protection et le développement de l’enfant.

Mais il faut ajouter que la connaissance tout comme l’implication dans les différents cadres et processus restent limitées aux organisations de Ouagadougou. L’implication des structures au niveau décentralisé demeure très faible.

Modalites de Preparation des Cadres de Planification

L’implication des femmes dans les différents cadres et processus a été particulièrement faible alors que leur importance relative plaide en faveur d’une implication plus large et effective. Lorsqu’elles l’ont été, elles ont souvent été confinées à des rôles seconds. Leur méconnaissance des différents processus fait qu’elles ne sentent pas toujours bien leur rôle dans la préparation. La situation est plus exacerbée pour les femmes des provinces qui sont rarement informées et consultées.

Les causes de la faible implication des femmes et du caractère souvent peu significatif de leur participation.

Diverses raisons qui ressortissent aussi bien à l’état, aux bailleurs de fonds qu’aux organisations elles-mêmes sont signalées :

Les causes liées aux organisations elles-mêmes

  • La méconnaissance par les acteurs des processus et des mécanismes de suivi

Le premier facteur de la faible implication des femmes dans les processus et cadres de planification réside dans la méconnaissance qu’elles en ont. Pour la plupart, la connaissance qu’elles en ont reste limitée aux relations sommaires faites par les journaux et aux reportages des radio et de la télévision ; toute chose qui induit une connaissance insuffisante et imparfaite.

La vérification de la connaissance de celles qui disent en savoir davantage indique, le plus souvent, une méconnaissance des mécanismes et autres dispositifs qui font ces cadres et processus de planification.

  • La faible capacité quelquefois des mandataires désignés par les instances et/ou groupes d’acteurs à apporter une contribution de qualité et l’absence de cahiers de charges pour ces mandataires.

Lorsqu’elles sont informées et impliquées dans la préparation des différents cadres et processus de planification, la difficulté à faire le lien entre les objectifs des cadres et processus et les leurs, le manque d’intérêt par manque ou insuffisance d’information font que, quelquefois, les représentantes désignées par les groupes ne sont pas toujours celles qui disposent des capacités nécessaires à optimiser leur participation et à s’imposer comme actrices indispensables.

Par ailleurs, l’absence de cahiers de charges pour ces mandataires ne leur donne aucune obligation de résultats, ni de compte rendu, d’où, certainement et parfois un manque criard d’enthousiasme et d’entrain.

  • L’insuffisance de concertation entre les organisations de femmes.

La méconnaissance des différents cadres et processus est accentuée par l’insuffisance de concertation entre elles. Les femmes pensent, certainement avec raison, qu’elles ne pourront pas être toutes invitées et impliquées dans la préparation des cadres et processus de planification. En conséquence, celles qui le sont devraient partager l’information avec les autres. Mais, pour ce faire, il faut qu’il existe des mécanismes de concertation entre leurs différentes structures, chose qui, semble-t-il, n’existe pas de façon ponctuelle.

  • Le faible niveau organisationnel de certains groupes

Certaines organisations se caractérisent par leur faible niveau organisationnel. En effet, certaines auraient une structuration inachevée et d’autres un fonctionnement irrégulier : les textes organisationnels, s’ils existent, sont rarement, sélectivement ou imparfaitement appliquées.

Les instances, pour certaines, seraient peu fonctionnelles et le débat absent. L’accaparement de la prise de décisions quelquefois, par une minorité, empêche l’expression libre et installe l’indifférence, toute chose préjudiciable à la vie des organisations et qui a un impact sur la motivation des membres et donc sur l’implication dans les processus.

Les causes liées à l’Etat

  • L’accaparement des processus par l’état

Jusqu’ici, dans la plupart des processus et cadres de planification, on note une omniprésence et omnipotence de l’Etat. Sans lui denier sa place, les organisations de femmes pensent cependant que cette prépondérance qui correspond à une certaine conception de l’Etat a été pour beaucoup dans la faible implication de la société civile dans les différents processus et cadres de planification.

  • La faible sensibilisation des acteurs à la base.

L’une des raisons de la faible qualité de l’implication des femmes dans les différents processus et cadres de planification est le faible intérêt qu’elles leur accordent. Cette situation s’expliquerait, pour une large part, par la difficulté à faire la relation entre leurs attentes et les objectifs des cadres et processus en cours ou en préparation. Si cela est quelque fois manifeste pour les femmes des villes, il l’est davantage pour celles des campagnes qui en constituent la majorité. La sensibilisation initiée par l’Etat et qui devrait permettre d’absorber ce déphasage est indexée et la persistance du déphasage traduit sa faiblesse.

  • La non-implication de toutes les parties prenantes

La non-implication de toutes les parties prenantes dans les processus de planification pourrait s’expliquer par la méthode utilisée ou par une application trop sélective. On a souvent l’impression qu’il n’existe pas une méthode claire d’approche des acteurs par rapport aux différents processus. La logique veut, que pour chaque cadre, on identifie d’abord les acteurs concernés, leur localisation et ensuite qu’on définisse la ou les méthodes les plus appropriées d’implication.

Or ici, l’identification semble non seulement se circonscrire aux grands centres urbains, principalement Ouagadougou et accessoirement Bobo-Dioulasso, mais limitée seulement à certaines organisations. Dans ces conditions, on répétera toujours les mêmes erreurs avec les mêmes conséquences.

  • Des délais trop courts qui ne permettent pas une préparation satisfaisante de la participation

A l’instar de la SNDD, les délais généralement accordés ne permettent pas une préparation satisfaisante de la participation des femmes aux différents processus ; le plus souvent, l’information est reçue et limitée au seul niveau des bureaux qui ne disposent, dans ces conditions, ni du temps, ni des moyens pour informer la base. Par ailleurs, le caractère souvent trop technique des questions traitées nécessite un appui externe de facilitateurs. Ce qui, naturellement, implique des exigences en temps et en coût qui ne sont pas souvent prises en compte.

  • La faible représentativité des groupes d’acteurs impliqués

En plus de la non-implication de toutes les parties prenantes aux différents processus, l’Etat n’a pas toujours fait appel aux groupes les plus représentatifs. En effet, la limite de la non-implication de toutes les parties prenantes aurait pu être atténuée par la représentativité judicieuse des groupes choisis. Mais les choix n’ont, semble-t-il, pas été toujours des plus judicieux. Malheureusement, des critères par trop politiques et non énoncés ont souvent pris le pas sur ceux, plus objectifs, de fonctionnement, de réalisation, de dynamisme, etc. ; toute chose qui contribue à rendre encore plus faible l’implication et la participation de la femme aux différents processus.

  • Prise en compte insuffisante des attentes des acteurs

Le corollaire de la faible implication des organisations des femmes à la préparation des différents cadres et processus,