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Contribution
des Mouvements et Associations de Jeunes
Les résultats du recensement
de 1996 révèlent que les jeunes représentent 49 % de la population totale
du Burkina Faso. Ils constituent par ce fait, le deuxième groupe dacteurs
numériquement important après les femmes.
Par ailleurs, selon
les informations recueillies auprès du ministère de la jeunesse et des
sports, il existe au Burkina Faso plus de 400 associations et mouvements
de jeunes qui visent entre autres objectifs, le développement économique
et social.
Cest dire donc
quaucune action de développement véritable ne peut se faire et aboutir
efficacement sans une participation et une implication effective de ce
groupe.
Et pourtant la revue
des expériences dimplication des associations et mouvements de jeunes
dans les cadres et processus de planification témoigne que ce groupe dacteurs
est beaucoup ignoré et nest pas pris en compte lors des processus ;
un exercice danalyse plus approfondie permettra de mieux comprendre
la problématique.
Modalities de preparation
des Cadres de Planification
Description
de lexpérience
Les différents cadres
et processus "connus" par le groupe des jeunes sont ceux qui
traitent des questions touchant leurs préoccupations ou tout simplement
ceux dont ils ont entendu parler ; parmi ceux-ci, on peut citer :
- Le cadre stratégique
de lutte contre la pauvreté parce quil permet de résoudre le problème
du chômage des jeunes qui est de plus en plus lancinant.
- Le Programme daction
National de lutte contre la désertification
La lutte contre la
désertification se veut une uvre commune. Elle doit commencer par
les jeunes, qui en plus de leur importance numérique, constituent les
bras valides du pays. Les jeunes peuvent donc jouer le rôle dalerte
de lopinion publique et inciter en permanence par le dialogue et
laction, les autres jeunes à respecter lenvironnement.
- Le plan daction
pour la promotion de la femme ; ce cadre
- permet à la
petite fille de sépanouir ;
- résoud le problème
de disparité entre hommes et femmes ;
- facilite la lutte
contre les violences faites aux filles et aux femmes.
- Le Rapport National
pour lhabitat permet de résoudre le problème dhabitation
par la construction de logements ;
- Le Programme de
lutte contre le Sida parce que la jeunesse est la tranche dâge
la plus vulnérable à cette maladie.
Dautres cadres
par contre touchent directement aux activités de développement menées
par les jeunes sur le terrain ; ces derniers concernent :
- la décentralisation ;
- le Plan daction
National pour lEnvironnement (PANE) ;
- le PNOCSUR.
Les modalités de préparation
des cadres de planification ont surtout été influencées par le contexte
politique national et lenvironnement international. Ces cadres sont
accaparés par un groupuscule de responsables de ladministration
centrale qui déterminent les orientations générales et les objectifs globaux
du plan en se fondant sur lanalyse de la situation économique et
sociale du pays et décident des acteurs à impliquer.
Dans ce contexte,
les seuls mandataires conviés à participer à ces processus sont seulement
le ministère chargé du plan, les commissions sectorielles et le parlement,
acteurs souvent inexpérimentés sur les questions à examiner.
Cette démarche simpliste
et assez technocratique na pas favorisé une participation effective
de la société civile, moins encore, celle des jeunes, groupe qui, socio-culturellement,
na pas le droit dexprimer son point de vue dans les grandes
décisions de la société.
Les seules occasions
saisies par les jeunes pour exprimer leurs points de vue sur les questions
de développement du pays se situent sous la période de la révolution de
1983 qui à travers le Discours dOrientation Politique (DOP) du 2
octobre avait inscrit les préoccupations des jeunes comme un des secteurs
le plus important devant être touché par les transformations révolutionnaires.
Cette optique des
autorités politiques de lépoque représente un changement fondamental
dattitude et de considération de la jeunesse. Les jeunes venaient
de recouvrer leur dignité et leur place en tant quacteurs de développement
du pays.
Plusieurs organisations
de jeunesse, notamment paysannes se mirent en place pour impulser la production
nationale ; elles sont désormais consultées sur les grandes questions
touchant lavenir du pays. Ces nouvelles orientations vont se traduire
par lélaboration à partir de 1986 de plans quinquennaux comportant
des objectifs quantifiés et des stratégies pour atteindre ces objectifs.
Après le changement
du pouvoir en 1987, il y eut un relâchement dans la politique nationale
en faveur des jeunes. Leuphorie des jeunes est tombée en désuétude ;
ils redeviennent des "laissés pour compte".
Cette marginalisation
est dautant aggravée par labsence dune capitalisation
des expériences écoulées qui ne favorisent pas une documentation convenable.
Les raisons de cette
faible implication du groupe des jeunes dans les processus et cadres sont
diverses et sont liées à plusieurs facteurs engageant notamment la structuration
propre des associations et mouvements de jeunes, les responsabilités de
lEtat et des bailleurs de fonds.
Les causes de
la faible implication des jeunes dans les cadres de planification
Raisons liées à
la structuration propre du groupe des jeunes
- Le faible niveau
organisationnel du groupe
Il existe au Burkina
une multitude dassociations et de mouvements de jeunes ; mais
il nexiste pas véritablement une organisation faîtière de ces différents
mouvements et associations qui puissent être leur répondant dans les processus
et cadres de planification.
- La faible capacité
des mandataires désignés par le groupe des jeunes à apporter une contribution
de qualité
Les débats menés au
cours des processus sont souvent techniques et hors de portée des représentants
désignés pour participer. Ils ne maîtrisent ni les rouages, ni les enjeux
des différentes problématiques qui sont soulevées à telle enseigne que
limplication des jeunes se limite dans certains cas à une figuration
physique.
- Le faible intérêt
que le groupe des jeunes accorde au suivi des processus
Nétant pas impliqués
dans les processus de façon globale, les jeunes ne disposent daucune
information significative leur permettant dassurer le suivi des
processus ; cest ce qui explique leur indifférence dans le
suivi des processus.
- La qualité de certains
représentants du groupe
Il
sest développé au sein des institutions une pratique courante qui
veuille que systématiquement ce soit le responsable qui soit doffice
désigné lorsquil sagit dune représentation du groupe ;
et pourtant il nest pas souvent la personne dont le profil permet
de participer aux différents processus.
Le résultat qui en
découle est que la qualité de la participation du représentant demeure
faible.
Les raisons liées
aux bailleurs de fonds
- Limposition
dun agenda fondé sur les échéances externes
Linitiative
de certains processus émane des accords extérieurs signés ou ratifiés
par lEtat. En conséquence leur mise en uvre doit sinscrire
dans un calendrier global défini au préalable par lextérieur. Ces
délais souvent très courts ne favorisent pas une information et une sensibilisation
suffisante pour préparer les différents groupes sur ces cadres et processus.
- Limposition
de cadres expatriés qui ignorent les politiques locales
Certains
cadres de planification sont imposés par le contexte international et
ne correspondent pas la plupart du temps à la résolution des préoccupations
des populations locales. Leur mise en place est accompagnée de la mise
à disposition de cadres expatriés qui ignorent le contexte politique et
socio-culturel local.
Comment donc réussir
à impliquer les populations locales dans un tel cadre qui occulte les
réalités du milieu ? Mieux encore, les cadres locaux associés qui
pouvaient aider dans la sensibilisation sont dépouillés de toute considération.
On pourrait donc imaginer lavenir dun tel processus.
- Insuffisance dengagement
financier
Les
appuis financiers alloués à la préparation des cadres et processus ne
prennent pas en compte toutes les réalités du milieu et certaines dépenses
sont jugées superflues par le bailleur de fonds. En définitive, le budget
qui doit servir à une préparation convenable des processus se trouve insuffisant.
Certaines étapes de la préparation du processus se trouvent escamotées
ou tout simplement supprimées. Ce qui porte inévitablement préjudice à
la réussite des processus et cadres.
- Le cloisonnement
des expériences découlant des procédures imposées et la prédilection
des bailleurs de fonds à développer des référentiels spécifiques
Certains
bailleurs de fonds se sont spécialisés dans le financement des activités
relevant de domaines déterminés. Cette attitude a entraîné au fil du temps
le développement de référentiels spécifiques engendrant le cloisonnement
des différentes expériences accumulées. La conséquence directe de cette
situation est la mauvaise coordination et planification des appuis financiers
en fonction des besoins sur le terrain.
Les
raisons liées à lEtat
Létat
a une grande part de responsabilité dans la faible implication des jeunes
dans les cadres de planification. Les facteurs qui expliquent cet état
de fait sont nombreux, mais on peut retenir principalement :
- Les contraintes
liées au calendrier de déroulement des processus et réception tardive
des documents de préparation
La
plupart des cadres de planification se définissent dans la mouvance du
contexte international, impliquant à la fois plusieurs pays. Les échéances
calendaires sont préétablies et il appartient aux acteurs nationaux de
sy conformer sans quon ne leur donne, ni le temps, ni les
documents nécessaires favorisant une compréhension et une bonne préparation
des processus. Cette situation engendre des retombées négatives dans lexécution
des processus qui, dans la plupart des cas, est souvent mal faite.
- Labsence
dune politique nationale bien définie pour impliquer les différents
acteurs
Au niveau national,
le pays ne dispose pas encore de grandes orientations définissant les
modalités dimplication des différents acteurs dans les cadres et
processus conduits. Ladministration centrale qui sest accaparé
lélaboration des cadres, détermine soit par coptage, soit par affinité
les acteurs à impliquer. La conséquence directe de cette situation est
la faiblesse des résultats obtenus.
- Ladministration
centrale na pas confiance aux compétences de la société civile
Jusqualors,
les autorités avaient considéré lélaboration des cadres comme demeurant
la seule propriété de ladministration centrale.
Le
principal alibi utilisé pour justifier cet état de fait est la faible
organisation des acteurs de la société civile et limmaturité technique
des jeunes par rapport aux questions examinées.
- La faible capacité
financière de lEtat et la faiblesse des ressources financières
mobilisées pour appuyer les processus
Les
budgets de préparation des cadres de planification sont basés principalement
sur des financements étrangers. Selon les modalités de financement, on
exige quelquefois de lEtat une participation financière pour mener
à bien le travail défini. La quote-part de lEtat étant le plus souvent
non versée, certaines étapes de la préparation du cadre ou du processus
sont purement et simplement occultés ou supprimées. On implique alors
le moins dacteurs possible, notamment les sans voix pour minimiser
les coûts.
- Le déficit dinformation
et de communication et temps très court de préparation
Limplication
des jeunes dans les différents cadres peut se résumer à la validation
dun document de processus. Ils reçoivent quelques jours avant la
tenue de la rencontre, des documents volumineux devant être lus pour favoriser
leur participation effective aux débats de la rencontre. Le temps matériel
ne permettant pas aux représentants désignés de recueillir les avis des
différents membres, participent et font prévaloir des points de vue personnels
qui engagent tout le groupe. Dans lexécution du cadre, des problèmes
se font sentir car le groupe fait ressortir dautres idées contraires
à celles qui ont été consignées dans le document de préparation.
- Labsence
de cahier de charges pour les mandataires désignés à simpliquer
dans les cadres de planification
La
plupart des cadres de planification ne définissent pas au préalable les
rôles spécifiques que les différents groupes impliqués doivent jouer.
La conséquence directe est une répercussion négative sur la qualité de
cette implication, étant donné que les groupes ne savent pas au préalable
le mandat spécifique à remplir.
- Labsence
ou la faiblesse des dispositions prises par les programmes et les projets
pour évaluerles impacts de leurs activités.
Un
grand nombre de programmes et projets nincluent pas dans la conduite
de leurs activités des dispositions pour évaluer limpact de leurs
projets. Dans le meilleur des cas, ceux qui prennent en compte lévaluation
de limpact, sont confrontés à des résultats précnçus qui ne donnent
pas des informations fiables. Cest pourquoi il nest pas étonnant
de constater que certains projets ou programmes qui ont un impact faible
sont répétés ou reconduits contre la volonté des principaux bénéficiaires.
- Insuffisance de
flexibilité dans la mise en uvre des plans
La mise en uvre
dun plan est déterminée entre autres par des facteurs socio-politico-économiques
et culturels. La résultante de ces différents facteurs engendre une dynamique
qui peut occasionner des blocages et perturber ainsi la conduite du plan,
ou affecter les objectifs définis au départ.
Devant
de telle situation, le chronogramme dexécution doit être à mesure
de sadapter au nouveau contexte et inclure les paramètres nouveaux.
Mais beaucoup de plans ont échoué tout simplement parce quils nont
pas été en mesure dêtre flexibles dans leur mise en uvre.
Leçons tirées
Pour
garantir une réelle implication des différents groupes dacteurs
(Société civile dont fait partie les jeunes, bailleurs de fonds et Etat),
chaque catégorie dacteurs doit être disponible, manifester un intérêt
pour le processus et démonter une responsabilisation des individus à lintérieur
des structures qualifiées.
Recommandations
Pour
garantir une préparation satisfaisante de la participation aux processus
de planification, les jeunes recommandent :
A
la Société civile de :
- Simpliquer
dans la mise en uvre et lexécution des processus et cadres
de planification ;
- jouer un rôle
de contrôle et dinterpellation des autorités afin dempêcher
les détournements dobjectifs dans la mise en uvre des processus.
Aux
bailleurs de fonds
- Donner les moyens
financiers pour développer les compétences locales pour lexécution
des projets ;
- créer un cadre
de concertation des bailleurs de fonds pour coordonner leurs actions ;
- tenir compte des
réalisations antérieures et préoccupations réelles ;
- favoriser les échanges
dexpériences ;
- développer lappui
technique financier et humain, tout en valorisant lexpertise nationale.
A
lEtat
- dinformer,
sensibiliser suffisamment sur les processus et cadres de planification ;
- de mettre en place
des mécanismes susceptibles de garantir la mise en uvre réussie
des processus ;
- de procurer une
documentation suffisante sur les différents processus ;
- de garantir une
bonne planification des activités du processus en donnant un large temps
de réflexion aux groupes dacteurs ;
- de définir une
politique nationale dharmonisation des actions sur le terrain
et des principes dintervention des bailleurs de fonds ;
- de veiller à une
répartition géographique harmonieuse des projets sur le terrain.
Synergie entre
les Politiques Sectorielles
Il est ressorti des
analyses faites par le groupe des jeunes quil existe peu de synergie
entre les politiques sectorielles.
Les facteurs
qui déterminent cette situation
Facteurs liés à
lEtat
- La faiblesse de
la représentation des institutions étatiques et des organisations de
la Société civile
La
faible mobilisation des ressources financières paraît la principale raison
qui explique le nombre réduit des institutions étatiques et des organisations
de la Société civile impliquées dans les différentes politiques sectorielles.
- La faiblesse de
communication entre les institutions
Les
services ont acquis lhabitude de travailler en vase clos ;
le partage des acquis des différentes politiques sectorielles semblent
rares, voire inexistant. En outre les mandataires aux différentes rencontres
qui ont la charge de faire des restitutions ne sacquittent pas la
plupart du temps de cette mission ; ils monopolisent par dévers eux
linformation reçue.
- Labsence
dune autorité suffisante pour permettre aux comités de pilotage
dassurer le suivi des processus et de veiller à la prise en compte
réelle des orientations et des stratégies définies.
- La faiblesse des
capacités des organes techniques qui appuient les comités de pilotage
à innover des liens entre les politiques sectorielles ;
- Linexistence
de cadres réglementant les interventions.
Il
nexiste aucune politique qui définisse et détermine les interventions
sur le plan national. Cette situation favorise le saupoudrage des activités
qui profitent peu aux populations bénéficiaires.
Facteurs
liés aux bailleurs de fonds
- Difficulté daffirmation
de leadership national et insuffisance de concertation
Etant
donné labsence dune politique réglementant lintervention
des différents bailleurs de fonds, il sest développé au niveau du
pays une lutte des bailleurs de fonds pour se positionner sur le plan
national par le biais de leurs approches souvent peu adaptées aux réalités
du milieu. Cette politique de balkanisation au niveau du pays engagée
par les bailleurs de fonds ne favorise pas une concertation efficace et
une harmonisation des politiques sectorielles.
- Linsuffisance
de concertation des bailleurs de fonds
Il
existe sur le plan national une multitude de bailleurs de fonds qui disposent
chacun de modalités et de procédures de financement spécifiques. Toute
chose qui ne favorise pas une intégration et une synergie entre les politiques
sectorielles.
Facteurs
liés aux jeunes
- Insuffisance dharmonisation
des actions sur le terrain
Il
existe beaucoup dassociations et mouvements de jeunes qui mènent
des activités de développement sur le terrain ; malheureusement ces
actions sont très peu harmonisées ; cela engendre parfois des doubles
emplois et des difficultés de suivi.
Leçons tirées
La
faiblesse dintégration et de synergie entre les politiques sectorielles
induit les effets suivants :
- un faible impact,
cest-à-dire un manque de profit pour la Société civile à cause
de la dispersion des efforts ;
- une désorientation
de la population ;
- une difficulté
de capitaliser les expériences ;
- un double emploi.
Recommandations
Le
groupe des jeunes qui ont participé à lélaboration des lignes directrices
de la stratégie nationale de développement durable (SNDD) recommande :
A
lEtat de
- définir des principes
dintervention des bailleurs de fonds ;
- veiller à une répartition
géographique harmonieuse des projets sur le territoire national ;
- élaborer et mettre
en place une politique nationale en matière de concertation ;
- développer un système
dinformation, de formation et de communication à ladresse
des acteurs ;
- mobiliser les moyens
humains, financiers et matériels suffisants ;
- développer un système
de partenariat qui favorise la concertation entre les différents acteurs
du développement ;
- valoriser les acquis
et les expériences de ces cadres de concertation ;
- renforcer les capacités
opérationnelles de ces comités locaux ;
- décentraliser les
structures en créant en plus des dispositifs nationaux et provinciaux,
des dispositifs au niveau des départements et des villages.
Aux bailleurs
de fonds
- dharmoniser
les modalités et procédures de financement pour alléger le travail délaboration
des rapports par les bénéficiaires ;
- de renforcer la
concertation entre eux.
Processus
Description de
lexpérience
Les dispositions
définies ou prévues pour assurer limplication effective des mouvements
de jeunes dans lélaboration, la mise en uvre et le suivi des
processus semblent ratées ou inexistantes. Au cas où elles existent, nous
navons aucune garantie que nos propositions ou suggestions seront
prises en compte. En outre, notre implication ne sert que de formalités
à remplir car les débats sont souvent trop techniques et ne sont pas adaptés
à nos réalités ainsi sexprimaient les jeunes lors de
la mise en commun du groupe des jeunes.
Lexpérience
dimplication effective et de participation à un processus citée
par le groupe des jeunes après la période de la révolution, est lélaboration
du Programme dAction National de Lutte contre la Désertification
(PAN/LCD), coordonnée par le Secrétariat Permanent du Conseil National
pour la Gestion de lEnvironnement (SP/CONAGESE), auquel ils ont
participé.
Le PAN/LCD est laboutissement
de la mise en uvre de la Convention des Nations Unies sur la lutte
contre la désertification, convention dont lobjectif global est
de renforcer la capacité des autorités locales et dassurer la participation
active des populations, des collectivités locales et des groupes locaux
dans les actions de lutte contre la désertification et datténuation
des effets de la sécheresse en vue de contribuer à linstauration
dun développement durable du pays.
La stratégie de mise
en uvre sest caractérisée par le souci de respecter les principes
clés de la convention, à savoir la participation, la concertation, le
partenariat et litération.
Les principales
causes explicatives de cette marginalisation
Les principales raisons
de cette faible implication des jeunes aux différents processus pourraient
sexpliquer par plusieurs facteurs responsabilisant les acteurs suivants :
Les causes liées
à lEtat
- Laccaparement
des processus par les institutions publiques et leur faible capacité
dimpulsion et de coordination ;
- limplication
de la Société civile nétait pas une préoccupation des technocrates
de la planification de la période considérée, parce que ne maîtrisant
pas encore suffisamment les outils de la planification pour daigner
mettre en place une politique nationale qui implique les différents
acteurs concernés par ces processus ;
- Le rôle prépondérant
joué par des institutions publiques ayant de faibles capacités dimpulsion
et de coordination.
Les causes liées
à la Société civile (groupe des jeunes)
- Faible niveau dorganisation
de la Société civile
La Société civile
de lépoque peu organisée ninspire pas confiance aux technocrates ;
elle ne constitue pas encore une force de négociation véritable qui puisse
inquiéter et interpeller ladministration centrale dans cette démarche
de marginalisation ; mieux encore, elle ne perçoit pas un intérêt
particulier à participer à ces processus. En résumé, la Société civile
ne dispose daucune information sur les différents processus. Et
quand bien même elle arrivait à être impliquée, les documents lui parviennent
tard, si bien quelle ne dispose pas suffisamment de temps pour les
exploiter et tirer un profit. En dautres termes, la qualité de son
implication laisse à désirer.
- La qualité de certains
représentants de groupe
Certains membres dassociations
ne sont pas en mesure de produire au cours des rencontres des processus
des contributions de qualité aux questions à examiner, laissant ainsi
paraître leur implication comme une simple figuration. Ces situations
quand elles se répètent nencouragent pas ladministration centrale
à impliquer ces groupes.
Les causes liées
aux bailleurs de fonds
- les modalités
de mise en uvre des processus sont déterminées principalement
par les bailleurs de fonds qui ont une connaissance peu approfondie
du milieu local.
- le faible niveau
des ressources financières mobilisées (budget de lEtat et système
de coopérative) est souvent le facteur limitant à limplication
de tous les acteurs dans les processus.
Leçons tirées
Les enseignements
tirés par les jeunes en matière dimplication dans les processus
sont multiples et peuvent se résumer comme suit :
- les jeunes subissent
les processus, car ne maîtrisant pas les questions techniques et nétant
pas impliqués dès
le début des processus, ils ont du mal à "dominer" les questions
examinées. Pire encore, ils ne détiennent aucun pouvoir réel de contrôle
de ces processus, toute chose qui leur permettait dassurer un
suivi convenable ;
- la Société civile
dont les jeunes sont une partie intégrante, doit conquérir son "espace
au soleil" dans les processus ;
- les structures
de lEtat doivent se rendre favorables à limplication des
autres acteurs dans les processus ;
- lEtat doit
procéder à une relecture (actualisation) périodique des processus pour
prendre en compte les facteurs nouveaux qui sont générés par le contexte
national et international ;
- les responsables
de ladministration publique doivent travailler à favoriser et
à améliorer les échanges entre les comités de pilotages et les autres
acteurs ;
- les bailleurs de
fonds doivent mettre à la disposition des différents acteurs des fonds
suffisants et dont les procédures et conditions de décaissement sont
souples pour travailler ;
- les jeunes doivent
travailler dans le sens de se faire impliquer dans les sphères de décision
des processus ; dans le cas où cette proposition nagrée pas
les responsables de ladministration centrale, les jeunes développeront
un véritable partenariat avec les membres des comités de pilotage des
différents processus afin dobtenir linformation nécessaire
leur permettant de travailler.
Recommandations
Pour favoriser limplication
des jeunes dans les différents processus, améliorer la qualité de cette
implication et assurer une meilleure efficacité des mécanismes de coordination
mis en place par les différentes structures, les jeunes ont formulé des
recommandations à lendroit des différents acteurs.
A lendroit de
lEtat
Pour améliorer limplication
des jeunes dans les différents processus et leur favoriser un impact,
il faut que lEtat :
- ait une volonté
réelle dimpliquer les jeunes et non une implication de figuration ;
- ait une reconnaissance
réelle du rôle et de limportance de limplication des jeunes
dans les processus ;
- assure une bonne
information/sensibilisation et formation des jeunes et une bonne planification
des activités du processus ;
- veille à une mobilisation
suffisante des moyens afin dassurer une implication directe et
effective des jeunes aux différents niveaux des processus de planification ;
- érige les jeunes
au même rang que toutes les parties prenantes aux concertations des
processus ;
- définisse des principes
dimplication et la mise en place dune autorité suffisante
à même de faire valoir la prise en compte des suggestions et propositions
des jeunes et la non discrimination de certaines parties prenantes aux
concertations.
Concernant les dispositions
à prendre pour assurer une meilleure efficacité des mécanismes de coordination
des processus mis en place, lEtat doit :
- procéder à une
bonne définition des objectifs de ces processus ;
- veiller à favoriser
une mobilisation des moyens internes par chaque structure impliquée
dans les processus.
Pour aider les mouvements
des jeunes à adopter des modes de fonctionnement plus démocratiques, plus
transparents et à promouvoir la communication interne il faut :
- un appui technique
aux activités des mouvements des jeunes ;
- identifier les
besoins en formation des mouvements et associations de jeunes et élaborer
un programme approprié pouvant sappesantir particulièrement sur
les thèmes comme :
- le leadership
- la démocratie
- la gestion
financière, etc.
- renforcer le processus
de décentralisation à la base ;
- développer des
outils de communication entre les différents acteurs.
Pour plus defficacité
dans lexécution des activités des membres des associations et mouvements
de jeunes et afin de permettre aux jeunes de jouer leur rôle de bâtisseurs
de la nation, nous recommandons au Gouvernement de veiller à ce que le
Ministère de la jeunesse et des sports mette aussi laccent sur les
préoccupations des jeunes comme il le fait plus particulièrement pour
le sport.
A ladresse
des jeunes
Les jeunes doivent :
- organiser leur
temps de manière à pouvoir mieux participer aux différentes activités
des processus ;
- entretenir un partenariat
permanent et fructueux avec les comités de pilotage des différents processus.
Concernant les dispositions
à prendre pour assumer une meilleure efficacité des mécanismes de coordination
mis en place, les jeunes doivent :
- veiller à assurer
un choix judicieux des représentants qui doivent être disponibles et
répondant au profil souhaité ;
- sengager
à créer un cadre idéal et des conditions adéquates pour accomplir les
tâches.
Pour améliorer les
dispositifs de financement des activités, les structures de jeunes doivent :
- élaborer un budget
prévisionnel ;
- inculquer aux militants
à la base, lesprit de créativité pour initier des activités génératrices
de fonds ;
Pour renforcer le
partenariat avec les autres acteurs, les jeunes doivent :
- définir les domaines
de partenariat ou de collaboration / coopération avec les autres structures
et satteler à réaliser des activités communes ;
- chercher à connaître
les domaines daction des autres acteurs.
Pour aider les mouvements
des jeunes à adopter des modes de fonctionnement plus démocratiques, plus
transparents et à promouvoir la communication interne, il faut :
- faire des exercices
de jeux démocratiques (liberté dexpression) et des choix alternants,
transparents par un système de gestion collectif.
A lendroit
des bailleurs de fonds, de lEtat et des mouvements de jeunes
Pour promouvoir lapplication
de lapproche genre dans lélaboration, la mise en uvre
et le suivi des processus de planification, il faut :
- impliquer toutes
les couches sociales, notamment les groupes défavorisés dans lélaboration
des processus ;
- prendre en compte
les préoccupations des uns et des autres ;
- adapter le concept
genre à travers une lecture suffisante de notre environnement socio-culturel.
Impacts Dispositifs
de Suivi-Evaluation
Limpact des
processus est globalement faible et les dispositifs de suivi-évaluation
quasi inexistants. Les facteurs qui expliquent cette situation relèvent
principalement de la responsabilité de lEtat et des bailleurs de
fonds. On peut retenir :
- la nature des
équipes techniques (critères de choix, niveau de rémunération, modalités
de sanctions) ;
- linexistence
ou la faible pertinence des indicateurs de suivi ;
- la faible autonomie
des dispositifs de suivi et dévaluation ainsi que leur objectivité
limitée ;
- insuffisance de
la connaissance du contexte socio-politique et culturel par des bailleurs
de fonds ;
- le temps anormalement
long entre la phase délaboration du processus et la phase dopérationnalisation
sans que les acteurs impliqués naient une explication au préalable.
Cette situation casse la dynamique et lengouement de départ. (Cas
du PAN/LCD) ;
- labsence
dun cahier de charges définissant clairement le rôle et le mandat
de chaque groupe spécifique concerné par les processus ;
- limplication
du groupe des jeunes en cours de processus (seulement à la deuxième
phase) na pas permis à ce groupe de maîtriser toutes les étapes
du processus ;
- la mauvaise circulation
de linformation en direction de certains groupes est une des causes
de la non participation de certains représentants des jeunes au lancement
du Programme dAction National de Lutte Contre la Désertification ;
- les modalités
de mise en uvre des processus sont déterminées principalement
par les bailleurs de fonds ;
- le rôle prépondérant
joué par des institutions publiques ayant de faibles capacités dimpulsion
et de coordination ;
- le faible niveau
des ressources financières mobilisées (budget de lEtat et système
decoopération) ;
- faible implication
de la Société civile.
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